Sur leur terrasse toute en longueur, surplombant la roseraie et le labyrinthe, des conifères juxtaposés selon forme et couleur
tissent une toile de fond tantôt vert émeraude, vert jaune ou bleuté. Adossés à cet arriere plan des mixed-borders
étalent leurs palettes jaune orangé brun de mai à octobre : nous voilà dans un jardin lumineux ouvert sur des perspectives bien pensées.
Il est sûrement l’héritage des préceptes novateurs de ces deux grandes figures mythiques
qu’étaient William Robinson et Gertrud Jekyll en Angleterre au siècle dernier.
Ici, tout est pris en considération : le volume, la texture et la couleur des feuilles, la taille des plantes
qui sont choisies selon une certaine gamme chromatique. Mais de cet ordre apparent jaillit en paradoxe : celui
d'une nature maîtrisée en accord avec une nature sauvage.
Cette notion de liberté et d’épanouissement des plantes a toujours
guidé notre esprit : laisser quelques géantes s’imposer au premier plan, ou admettre des semis spontanés dans
des endroits pas trop prévus à cet effet... Pour nous, cette attitude s’inscrit parfaitement dans notre démarche écologique, mais correspond aussi à notre conception de l'art des jardins.
Aussi, les Macleya cordata empiètent un peu trop, les Heleniums galopent un peu à leur aise,
les Silphium cachent un peu la vue, les Vernonia s’affalent... Mais qui ne s’émerveille pas devant une
plante qui grandit de trois mètres en un mois ?