Le potager à l’entrée d’un jardin ouvert au public n’est pas qu’un phénomène de mode ;
il a la signification d’être une introduction joyeuse au jardin.
On y parle cuisine et recettes dès l’entrée, on pose des questions,
on découvre des légumes méconnus comme la morelle de balbis, petite tomate épineuse des pieds à la tête,
les physalis, les panais…
Timide au printemps, il s’éveille avec les belles argentées comme les cardons, les velues comme la guimauve,
les pois de senteur en vrille, les tapis de bourrache d’un bleu azur si lumineux.
Les coloris y sont doux en mai juin.
Dès juillet, un autre ton est donné avec le déploiement des pourpres, des cramoisis et du vieil or
des amarantes géantes. Leurs silhouettes altières ne sont pas seulement majestueuses,
elles offrent avec générosité leurs grains comestibles. Mêlées aux dahlias simples rouge bordeaux,
brun et vermillon, elles assurent le flamboiement du plein été avec sa cohorte de tomates et de piments de collection.
Septembre et octobre, période de mûrissement, c’est le fruit de tous les labeurs et de la récolte ;
sur les murets de pierre sèche, les potirons, les citrouilles de tout acabit rampent et s’affalent jusque
dans les allées…